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Rapport : l’air de l’Amazonie est davantage pollué que celui de certaines mégapoles
D’après des données inédites publiées par Greenpeace International [1], les habitants de la forêt amazonienne respirent un air plus contaminé que les habitants de certaines mégalopoles comme São Paulo, Pékin ou encore Londres. Cette pollution est en grande partie due aux incendies délibérément allumés chaque année pour défricher les forêts et faire de la place au bétail.
Ce rapport analyse l’évolution des particules fines (PM2,5) dans plusieurs villes de la région amazonienne du Brésil. Ces poussières microscopiques polluantes engendrent de nombreuses maladies respiratoires et cardiovasculaires et à des décès précoces. Ainsi, pendant les saisons des incendies de 2024 et de 2025, les moyennes journalières de concentrations de ces particules enregistrées à Porto Velho (Rondônia) et à Lábrea (Amazonas) étaient plus de 20 fois supérieures au niveau recommandé pour une période de 24 heures par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans ses normes relatives à la qualité de l’air.
Greenpeace International a enregistré cette année à plusieurs endroits des niveaux de PM2,5 dépassant de plus de six fois les recommandations de l’OMS. Ces chiffres placent l’Amazonie parmi les régions les plus polluées de la planète, malgré sa couverture forestière.
Le rapport montre que les départs de feu en Amazonie se concentrent massivement dans les zones agricoles. Par exemple, les données satellitaires du biome amazonien entre 2019 et 2024 révèlent que plus de 30 millions d’hectares ont brûlé dans un rayon de 360 km autour des installations de JBS, la plus grande entreprise de viande au monde, présente au Luxembourg – une zone de la taille de l’Italie. [2]
Le rapport révèle également les conséquences désastreuses de la pollution due au feu sur la santé publique. Les hôpitaux locaux de Porto Velho ont signalé une forte augmentation des admissions pour troubles respiratoires pendant la saison des incendies, en particulier pour les enfants et les personnes âgées. D’après les modélisations utilisées dans le rapport, la fumée des incendies agricoles a contribué à des dizaines de milliers d’hospitalisations et de décès prématurés dans la région amazonienne du Brésil au cours de la dernière décennie. Le respect des normes de qualité de l’air de l’OMS pourrait prolonger l’espérance de vie de 2,9 ans dans les États fortement touchés, tels que Rondônia et Amazonas [3].
Pour Lis Cunha, chargée de campagne chez Greenpeace International :
« Les feux en Amazonie ils sont allumés pour défricher des terres et laisser la place aux troupeaux mettant ainsi en danger tous les habitants et habitantes de l’Amazonie. Ce sont non seulement les forêts qui en paient le prix fort, mais aussi les enfants et les personnes âgées qui manquent d’air. Lors de la COP30, les lobbyistes de l’agro-industrie ont affirmé que leur secteur fait partie de la solution et non du problème. Les gouvernements ne doivent pas se laisser duper par ce greenwashing mais prendre des mesures pour empêcher la destruction des forêts et de la santé des populations, et demander des comptes à l’industrie qui en est à l’origine. »
[1] Analyse de Greenpeace International basée sur les données PM2.5 de l’Air Quality Life Index de l’Energy Policy Institute de l’Université de Chicago (EPIC).
[2] Selon Imazon, les abattoirs autorisés à l’exportation, tels que les usines de conditionnement de viande de JBS, s’approvisionnent dans un rayon moyen de 360 kilomètres. Ce périmètre de 360 kilomètres a été appliqué par Greenpeace International pour évaluer la zone potentielle d’approvisionnement de JBS sur la base de la géolocalisation des installations de l’entreprise.
[3] Air Quality Life Index de l’Energy Policy Institute de l’université de Chicago (Epic)
